La porte d'entrée aux arômes Avant même de goûter un vin, on commence par le sentir. Et souvent, c’est là que tout commence : une odeur de fruits, de fleurs, parfois quelque chose de plus surprenant, comme le cuir ou la terre après la pluie. Le vin nous parle déjà, rien qu’avec ses arômes.
L’étape olfactive est pourtant l’une des plus négligées, alors qu’elle peut nous en dire beaucoup sur le vin : son cépage, son âge, son origine, et parfois même la façon dont il a été fait.
Dans cet article, nous allons apprendre, ensemble, à aborder cette étape simplement:
comment sentir un vin
faire le lien avec son terroir.
Le nez, le meilleur allié de la dégustation Quand on parle de dégustation, on pense souvent au goût. Mais en réalité, c’est notre nez qui capte la majorité des informations. Jusqu’à 80 % de ce qu’on "goûte" vient de ce qu’on sent. Sans l’odorat, un vin rouge et un jus de raisin pourraient presque sembler identiques.
Sentir un vin, c’est comme soulever un coin du voile : on perçoit déjà des indices sur sa personnalité. Est-il fruité, floral, épicé, discret ou expressif ? Le nez nous aide à comprendre d’où vient le vin, comment il a été vinifié, et parfois même dans quel état il est (oxydé, bouchonné, trop jeune, etc.).
Cette étape permet aussi de prendre un moment de pause avant de goûter, de se concentrer sur ses sensations, de se connecter au vin. Ce n’est pas un simple passage obligé : c’est une véritable rencontre.
Et bonne nouvelle : on n’a pas besoin d’un super nez pour commencer. Plus on pratique, plus on reconnaît d’odeurs. C’est comme un jeu de mémoire sensorielle qu’on enrichit au fil du temps.
L'examen en trois temps Sentir un vin ne se fait pas en une seule fois. Il y a en réalité trois étapes, et chacune nous raconte quelque chose de différent. Rien de compliqué, mais un peu d’attention peut vraiment faire la différence.
1. Le premier nez : sans bouger le vin
On commence simplement, sans agiter le verre. On approche doucement le nez et on prend une inspiration courte. Ici, on capte les arômes les plus volatils, ceux qui s’échappent spontanément. Cela donne une première idée : un vin discret ? Expressif ? Déjà très fruité ?
C’est souvent rapide, mais ça vaut le coup d’y prêter attention.
2. Le deuxième nez : après aération
On fait tourner doucement le vin dans le verre, pour le faire respirer. Cela libère des arômes plus complexes. On retrouve ici souvent plus de profondeur : fruits mûrs, épices, fleurs, notes boisées, etc.
C’est le moment où le vin « s’ouvre » et où les choses deviennent intéressantes.
3. La rétro-olfaction : quand le nez rencontre le goût
Ce troisième temps arrive pendant la dégustation. Une fois que le vin est en bouche, certaines molécules remontent par l’arrière du nez (via la gorge). C'est pourquoi après avoir bu une gorgée, il peut être conseillé de souffler par le nez afin d'exploiter de la meilleure des façon cette étape. C’est souvent là qu’on perçoit des arômes qu’on n’avait pas sentis avant. Ils complètent l’expérience olfactive.
Même si cette dernière phase est plus liée à l’étape gustative, elle montre bien à quel point notre nez est impliqué tout au long de la dégustation.
Le terroir à l’œuvre Quand on parle d’arômes, on pourrait croire qu’ils viennent seulement du raisin ou de la cave. Mais en réalité, ce qu’on sent dans un vin, c’est aussi une empreinte du lieu où il est né.
Le terroir, c’est un mot qu’on entend souvent dans le monde du vin, parfois un peu à toutes les sauces. Mais il résume quelque chose de très simple : le goût d’un endroit.
Le sol, la météo, l’altitude, la pente, l’ensoleillement… tout ça influence le caractère du vin. Et notre nez peut en capter des traces.
Un vin blanc né sur des sols calcaires pourra développer des arômes plus tendus, minéraux, presque pierreux. Un vin rouge issu d’un climat chaud pourra sentir les fruits très mûrs, les épices, la garrigue. Un même cépage, planté à deux endroits différents, donnera des vins au nez très distinct.
En apprenant à sentir un vin, on apprend donc aussi à sentir un paysage, une région, une culture. C’est ce qui rend chaque bouteille unique : elle porte en elle un petit morceau de son terroir.
Parmi les différentes étapes d'une dégustation, l'examen visuel joue un rôle clé en apportant des informations précieuses sur l'origine et l'âge du vin.
Voyons ensemble quelles données peuvent être obtenues grâce à cette première observation.
L'examen visuel : une mine d’informations
L’analyse visuelle d’un vin permet d’évaluer son âge, sa composition et de détecter d’éventuels défauts.
Elle repose sur trois critères principaux : la robe, la brillance et limpidité, ainsi que les larmes.
1.La robe : un indice sur l’évolution du vin
Le premier élément à observer est la robe du vin, c’est-à-dire sa couleur. Celle-ci évolue naturellement avec le temps et constitue un bon indicateur de son état de maturité.
Pour les vins rouges : un vin jeune présente généralement des nuances violacées ou pourpres, tandis que des reflets tuilés ou brunâtres indiquent une évolution vers la maturité.
Voici un tableau récapitulatif pour vous aider à interpréter la robe d’un vin et à estimer son niveau de maturité.
2. Brillance et limpidité La brillance et la limpidité d’un vin sont des indicateurs importants de sa qualité et de son état. Elles peuvent révéler des informations sur la vinification, l’élevage et même la présence de certains défauts.
Brillance : un signe de vivacité
La brillance d’un vin est sa capacité à refléter la lumière. Elle est particulièrement visible en inclinant légèrement le verre sous une source lumineuse.
Un vin brillant et éclatant est souvent synonyme de fraîcheur et d’acidité bien présente, ce qui est particulièrement recherché dans les vins blancs et certains rouges jeunes.
Un vin terne peut indiquer une fatigue du vin, une oxydation avancée ou un manque d’acidité, rendant le vin plus plat en bouche.
Limpidité : une indication de stabilité
La limpidité fait référence à la clarté du vin, c’est-à-dire l’absence de particules en suspension visibles à l’œil nu.
Un vin limpide et cristallin témoigne d’une bonne vinification et d’une filtration efficace, bien que certains vins naturels non filtrés puissent être légèrement troubles sans que cela soit un défaut.
Un vin trouble peut révéler la présence de lies, d’un dépôt naturel ou d’un défaut microbiologique comme une fermentation mal maîtrisée.
💡 À noter tout de même :
Dans certains vins blancs jeunes, une légère opalescence peut être due à un élevage sur lies, ce qui n’est pas un défaut mais un choix de vinification.
Dans les vins rouges plus vieux, un dépôt peut se former avec le temps, ce qui est un phénomène naturel et non un signe de mauvaise qualité.
L’examen de la brillance et de la limpidité complète donc l’analyse de la robe en apportant des indices sur la fraîcheur, l’évolution et la stabilité du vin.
3. Les larmes Les larmes du vin, aussi appelées jambes ou liseré, sont ces gouttelettes qui se forment et coulent le long des parois du verre après l’avoir fait tourner. Elles ne sont pas qu’un simple effet visuel : elles donnent des indications précieuses sur la structure et la composition du vin, notamment en termes d’alcool et de sucres résiduels.
Que révèlent les larmes du vin ?
Les larmes se forment grâce à un phénomène physique appelé l’effet Marangoni, qui résulte de la différence de tension de surface entre l’alcool et l’eau contenue dans le vin.
Des larmes épaisses et lentes → Indiquent un vin plus riche en alcool ou en sucre (ex : vins liquoreux, rouges puissants). → Signe d’un vin structuré, parfois avec une belle rondeur en bouche.
Des larmes fines et rapides → Indiquent un vin plus léger, avec une faible teneur en alcool. → Souvent le cas des vins blancs secs ou des rouges peu extraits.
Larmes et perception en bouche
Les larmes ne sont pas directement liées à la qualité du vin, mais elles permettent d’anticiper sa texture : ✔️ Beaucoup de larmes épaisses ? Le vin aura probablement une belle matière et de la rondeur. ✔️ Peu de larmes ou très fluides ? Attendez-vous à un vin plus vif et léger.
❌ Attention aux fausses interprétations !
Il est important de noter que l’humidité ambiante ou la propreté du verre peuvent influencer l’apparition des larmes. Un verre mal rincé ou légèrement gras altérera leur formation.
🔎 Résumé : une analyse complète pour une meilleure dégustation
L’examen visuel du vin est une première étape cruciale qui prépare à la dégustation en donnant des indices précieux sur son évolution et sa qualité.
1️⃣ La robe permet d’estimer l’âge et la maturité du vin. 2️⃣ La brillance et la limpidité renseignent sur sa fraîcheur, son acidité et sa stabilité. 3️⃣ Les larmes aident à anticiper la structure et la texture du vin en bouche.
👉 Ces premières observations affinent notre perception et nous préparent à l’examen olfactif, prochaine étape essentielle dans l’art de la dégustation !
Le vin rouge s’invite à la table des raclettes : osez l’accord parfait !
Quand on pense à la raclette, l’image d’un verre de vin blanc bien frais vient immédiatement en tête. Sylvaner, Riesling, Apremont… ces blancs frais et vifs sont des compagnons traditionnels de ce plat emblématique. Mais avez-vous déjà envisagé d’accompagner votre raclette d’un vin rouge ?
Pourquoi le vin blanc est-il si apprécié avec une raclette ?
Le fromage fondu est riche et gras, ce qui peut rapidement saturer le palais. Le vin blanc, avec son acidité naturelle et sa fraîcheur, vient contrebalancer cette sensation en apportant de la légèreté et en aidant à digérer le plat.
Les cépages comme le Riesling, le Sylvaner ou encore la Roussette de Savoie offrent une belle vivacité et des arômes fruités qui équilibrent parfaitement le gras du fromage. Les vins blancs secs et minéraux, notamment ceux de Savoie ou d’Alsace, sont ainsi devenus des incontournables de la raclette.
Mais si le blanc est une valeur sûre, certains vins rouges peuvent également sublimer cette spécialité montagnarde.
Un mariage osé mais réussi avec le vin rouge
Si le vin blanc s’accorde naturellement avec le fromage fondu, certains vins rouges légers et fruités peuvent aussi être d’excellents compagnons de raclette. L’important est de choisir des rouges peu tanniques, afin d’éviter une sensation de lourdeur en bouche.
Quels rouges choisir pour accompagner votre raclette ?
Un Pinot Noir d’Alsace ou de Bourgogne : Avec sa fraîcheur et ses arômes de petits fruits rouges, il apporte une belle finesse qui ne domine pas le fromage.
Un Cabernet Franc de Loire (Saumur, Chinon, Bourgueil) : Avec ses arômes de fruits rouges et sa structure élégante, il accompagne parfaitement la charcuterie qui complète souvent la raclette.
Comment bien servir son vin rouge avec une raclette ?
Servez-le légèrement frais (autour de 14-16°C) pour préserver sa fraîcheur et son fruité.
Privilégiez des vins jeunes, qui possèdent encore une belle vivacité et des tanins souples.
Laissez-vous surprendre !
La raclette est un plat convivial qui invite à la découverte et au partage. Alors pourquoi ne pas essayer un accord rouge pour une expérience gustative originale ? Ouvrez une belle bouteille, testez différentes associations et trouvez votre accord parfait !